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L’inflation américaine en mai : un coup de frein inattendu.

Une inflation plus faible que prévue

Léa Dauphas a souligné le ralentissement inattendu de l’inflation aux États-Unis en mai. Les chiffres du mois montrent une progression mensuelle modeste, inférieure aux attentes des analystes : +0,1 %, là où parlait le consensus.
Cette baisse s’explique notamment par la diminution des prix de l’essence, particulièrement sensible sur les composantes volatiles de l’inflation.

Sur un an, l’inflation globale ressort à +2,4 %, légèrement en-dessous du consensus (+2,5 %), confirmant une modération par rapport au rythme antérieur.
De même, l’indice sous-jacent (core CPI), hors alimentation et énergie, a ralenti à +0,1 % sur un mois, contre +0,3 % attendu, et se fixe à +2,8 % en rythme annuel, soit légèrement en dessous des prévisions (2,9 %).

Une accalmie aux airs trompeurs

Léa Dauphas a mis en perspective ces bonnes nouvelles… en les replaçant dans un contexte fragile. Ce ralentissement pourrait être temporaire : certains observateurs estiment que les effets des surtaxes douanières imposées par l’administration Trump ne sont pas encore pleinement visibles dans les prix, les stocks anciens permettant de retarder leur impact.

Par ailleurs, les tensions commerciales restent un risque latant pour l’inflation à venir : les droits de douane à l’importation pourraient relancer les pressions haussières sur les prix dans les mois à venir.

Réactions des marchés

Cette détente de l’inflation a déclenché une hausse des marchés financiers : contrats à terme en nette progression, anticipation d’un allègement potentiel de la politique monétaire par la Fed… en l’occurrence, les probabilités perçues d’une baisse du taux directeur ont grimpé.
Du côté des taux d’intérêt, on observe une baisse des rendements obligataires, notamment sur les maturités plus courtes, où les anticipations en matière de politique monétaire sont les plus sensibles.

Conclusion

Ce qu’a clairement souligné Léa Dauphas, c’est que mai 2025 a apporté une pause bienvenue dans la dynamique inflationniste américaine, nourrie par une détente des prix de l’essence. Toutefois, cette accalmie ne garantit en rien une normalisation durable : elle pourrait masquer le retour en force de l’inflation si les effets des droits de douane viennent à se diffuser dans les prix.

Dans ce contexte, la Réserve fédérale semble observer avec attention : les marchés, eux, misent déjà sur un relâchement potentiel de la politique monétaire. Reste à voir comment les prochains mois — notamment la deuxième partie de 2025 — façonneront les orientations économiques et monétaires aux États-Unis.