BFM Business - C'est votre argent

Guerre en Iran, banques centrales et marchés au programme de « C’est votre argent »

Dans l’émission « C’est votre argent » diffusée sur BFM Business et présentée par Marc Fiorentino, les échanges ont porté sur les conséquences économiques et financières de la guerre en Iran, les perspectives de croissance mondiale, l’évolution des politiques monétaires ainsi que la réaction des marchés. Autour de la table figuraient notamment Léa Dauphas, cheffe économiste chez TAC ECONOMICS, Céline Piquemal-Prade, Eric Bleines et Wilfrid Galand. Les intervenants ont confronté leurs analyses sur les risques géopolitiques, les marchés actions, les banques centrales et les perspectives économiques.

Autour de la table figuraient notamment Léa Dauphas, cheffe économiste chez TAC Economics, Céline Piquemal-Prade, Eric Bleines et Wilfrid Galand. Les intervenants ont confronté leurs analyses sur les risques géopolitiques, les marchés actions, les banques centrales et les perspectives économiques.

Un contexte géopolitique devenu central pour les marchés

En ouverture de l’émission, Marc Fiorentino a rappelé que les marchés financiers semblaient jusqu’à présent absorber relativement rapidement les différents chocs géopolitiques. Les échanges ont alors porté sur les conséquences possibles du conflit iranien sur les prix de l’énergie, l’inflation et la croissance mondiale.

Léa Dauphas a expliqué que les scénarios élaborés par TAC Economics étaient régulièrement ajustés en fonction de l’évolution du conflit et des annonces diplomatiques. Elle a indiqué qu’à ce stade, le scénario privilégié restait celui d’une poursuite des tensions sans rupture majeure de l’économie mondiale. Elle a néanmoins souligné qu’à ce stade, le scénario central restait celui d’une « persistance » du conflit sans basculement vers une crise systémique mondiale. Pour l’économiste, les marchés ont jusqu’ici fait preuve d’un certain sang-froid, malgré la multiplication des risques.

Cette capacité de résistance s’explique notamment par plusieurs facteurs :

  • l’absence de rupture majeure dans l’approvisionnement énergétique mondial ;
  • une relative solidité de l’économie américaine ;
  • des banques centrales encore crédibles dans leur lutte contre l’inflation ;
  • des marchés financiers désormais habitués à intégrer rapidement les chocs géopolitiques.


Léa Dauphas a toutefois insisté sur le fait que cette résilience restait fragile. Selon elle, l’économie mondiale évolue désormais dans un environnement où les risques géopolitiques deviennent structurels et non plus exceptionnels.

Plusieurs intervenants ont souligné que les marchés restaient relativement stables malgré le contexte. Eric Bleines a notamment évoqué la capacité des investisseurs à intégrer plus rapidement les crises géopolitiques qu’auparavant, tandis que Wilfrid Galand a insisté sur le fait que les marchés continuaient principalement à surveiller la croissance américaine et les décisions des banques centrales.

Les risques liés à l’énergie et à l’inflation

Une partie importante des débats a porté sur les risques énergétiques. Les intervenants ont rappelé que toute perturbation durable de l’approvisionnement pétrolier pourrait relancer les tensions inflationnistes.

Léa Dauphas a indiqué que le principal point de vigilance concernait l’évolution des prix de l’énergie et leurs effets indirects sur les coûts de production et le commerce mondial. Elle a également rappelé que les tensions géopolitiques devenaient un facteur économique durable.

Les échanges ont également porté sur la capacité des banques centrales à réagir dans un contexte où les risques inflationnistes et le ralentissement de la croissance coexistent.

Banques centrales : entre prudence et attentisme

Les invités se sont interrogés sur les prochaines décisions des banques centrales, en particulier de la Réserve fédérale américaine.

Léa Dauphas a rappelé que les banques centrales devaient désormais intégrer davantage les risques géopolitiques dans leurs analyses macroéconomiques. Elle a souligné que les marchés anticipaient parfois trop rapidement des baisses de taux.

Wilfrid Galand a insisté sur le fait que les banques centrales restaient dépendantes des données économiques, notamment de l’évolution de l’inflation sous-jacente et de l’emploi américain.

Eric Bleines a pour sa part estimé que les marchés continuaient d’espérer un scénario de ralentissement modéré permettant une détente monétaire progressive.

Fragmentation économique et recomposition géopolitique

Les discussions ont également abordé l’évolution des équilibres internationaux, notamment les relations entre les États-Unis et la Chine.

Ce sujet a été abordé dans la séquence consacrée au « top/flop » de la semaine, à partir d’un sondage de l’ISEAS indiquant que 52 % des pays de la région préféreraient désormais s’aligner sur Pékin plutôt que sur Washington.

Léa Dauphas a expliqué que cette évolution s’inscrivait dans une dynamique plus large de fragmentation de l’économie mondiale. Selon elle, les entreprises doivent désormais tenir compte des enjeux de souveraineté industrielle, de sécurité des approvisionnements et des recompositions diplomatiques.

Les intervenants ont souligné que cette évolution avait des conséquences directes sur les stratégies d’investissement et les chaînes de valeur internationales.

Des marchés encore résilients

Malgré les tensions géopolitiques, les marchés actions ont montré une relative résistance ces dernières semaines.

Plusieurs intervenants ont estimé que les investisseurs distinguaient désormais davantage les chocs temporaires des risques susceptibles de provoquer une véritable rupture économique.

Léa Dauphas a rappelé que cette résilience restait conditionnée à l’absence d’extension régionale du conflit et à la stabilité des marchés de l’énergie.

Les échanges ont également porté sur les perspectives de croissance mondiale. Les intervenants ont évoqué un environnement marqué par un ralentissement progressif mais sans scénario de récession mondiale immédiate.

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